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Biographie de Maria Montessori : qui était-elle ?

Maria Montessori lors d'une conférence

La pédagogie Montessori a été inventée par Maria Montessori, une femme médecin et pédagogue italienne, née le 31 août 1870 à Chiaravalle, près d’Ancône en Italie. Ses principes éducatifs sont mondialement reconnus et connaissent un franc succès notamment en France. Maria Montessori a un parcours inspirant qui donne tout son sens aux principes qu’elle a enseignés. Elle est décédée le 6 mai 1952 aux Pays-Bas mais les écoles Montessori ont encore de beaux jours devant elles, tant les parents, les neurosciences mais aussi les professionnelles de la petite enfance se tournent vers cette pédagogie qui prône sur un plan éducatif la confiance en soi et l’autonomie et sur un plan humain l’éducation pour la paix.

Voyons ensemble le parcours de cette femme exceptionnelle et comment elle a initié la pédagogie Montessori à travers le monde.

Portrait Maria Montessori

Son enfance

Maria Montessori est élevé dans un milieu bourgeois. Son père, Alessandro Montessori était inspecteur des finances de l’industrie du tabac et du sel. Sa mère, Renilde Stoppani était comptable dans la fonction publique.  Maria a été élevée dans un cadre très strict, qui laisse peu d’improvisation quant à son avenir professionnel. Très jeune, cette jeune fille exemplaire se montre brillante dans ses études. Mais ses parents l’ont décidé, elle deviendra enseignante. En effet, c’est l’un des seuls métiers accessibles aux femmes à l’époque.

En 1884, Maria montre un très grand intérêt pour les mathématiques et la cuisine. Mais cela n’est pas au goût de son père. Malgré tout sa mère, très proche d’elle, l’encourage à poursuivre ses rêves. Elle intègre alors une école technique pour garçons au sein de laquelle elle étudie la biologie. Cela la décide à devenir médecin. Elle reste une ou deux années dans cette école, puis elle arrête.

Une vocation dès le plus jeune âge

En 1890, elle réussit à s’inscrire à l’université, en sciences naturelles. Elle est déterminée à devenir médecin malgré les préjugés de l’époque. Sa détermination convainc le Ministère de l’Education de la laisser étudier. Une fois sa licence obtenue, elle réussit à intégrer la faculté de médecine, qui est normalement réservée aux hommes. C’est une élève brillante.

Durant son doctorat, elle effectue une thèse dans le domaine de la psychiatrie, sur l’hallucination antagoniste. Elle trouve un emploi dans une clinique psychiatrique de l’université de Rome. C’est là, qu’elle rencontre plusieurs enfants déficients mentalement. Elle se rend compte que les enfants sont mélangés aux adultes déficients et qu’aucune activité n’est adaptée à leurs besoins. Elle décide de créer un service spécial pour enfants afin de leur apporter du matériel adapté pour jouer et développer leurs connaissances.

 

A 26 ans, Maria Montessori devient l’une des premières femmes médecins et elle milite activement pour la défense et la reconnaissance des droits des femmes ainsi que ceux des enfants atteints de déficience mentale. Elle assiste au congrès international des femmes à Berlin au cours duquel elle fait une apparition remarquée.

Maria devient la première directrice de l’école orthophrénique de Rome de 1899 à 1901. Elle part se former en France et étudie les travaux d’Édouard Séguin, qui a créé un matériel sensoriel pour les personnes sourdes et muettes. Son objectif est de créer son propre matériel. Elle constate que les enfants s’améliorent incontestablement en lecture et en écriture. Tout en travaillant avec les enfants déficients, elle poursuit ses recherches, qui l’amènent à approfondir les travaux de deux médecins français. Maria en vient à la conclusion que l’éducation est plus bénéfique à ces enfants que les uniques soins médicaux.

 

De professeur à auteur

À partir de 1900, elle se consacre pleinement à la pédagogie et décide de former des enseignants. Elle leur fait prendre conscience de l’importance de l’observation : « observer et non juger ». Elle participe à de nombreux congrès à Rome, puis à Paris, d’où elle ramène les œuvres d’Itard et de Séguin qu’elle traduit et recopie à la main. La nuit, elle étudie de près les travaux de ses confrères et le jour, elle travaille avec des enfants déficients auxquels elle apprend à lire, à écrire. Elle leur fait passer des examens qu’ils réussissent avec succès en même temps que ceux des enfants dits « normaux ».

Maria devient professeur à l’université de Rome en 1904. Durant cette année elle publie aussi son premier ouvrage intitulé Anthropologie pédagogique. En 1901, elle commence à s’intéresser aux enfants sans déficience. Elle entreprend des études de psychologie et de philosophie. En 1906, tournant dans sa vie, elle s’occupe d’enfants sans déficience d’âge préscolaire, pour lesquels elle va créer sa méthode pédagogique.

 

Création de la maison des enfants

La création de la première Maison des enfants (Casa dei bambini) a lieu en 1907 dans le quartier populaire de San Lorenzo à Rome. En vue d’améliorer la vie du quartier, un organisme met en chantier la construction de deux immeubles pour regrouper la population des taudis. Son directeur demande alors à Maria Montessori d’organiser la vie des enfants de ces immeubles.

Les objectifs sont de :

  • regrouper tous ces enfants
  • les empêcher d’errer, de semer le trouble
  • leur procurer une meilleure hygiène
  • instaurer une harmonie familiale

Les parents peuvent se rendre à l’école quand ils le souhaitent. En échange, ils doivent veiller à la propreté et à la bonne tenue vestimentaire des enfants. L’institutrice doit habiter au sein même du lieu où vivent les parents car le but est de pouvoir éduquer au mieux les enfants. La Casa dei bambini devient une base de recherche, un laboratoire d’expérimentation où Maria Montessori construit et testeras cesse sa méthode, qui deviendra mondialement connue. Sa méthode repose beaucoup sur la liberté des élèves. Aussi, cela a révélé des changements de comportement notoires chez eux. Par exemple, les enfants les plus timides seront à l’aise s’exprimer et les plus turbulents le seront moins. Les principes suivants sont les composantes clés de la pédagogie Montessori : le libre choix de l’activité, l’autodiscipline, le respect du rythme de chacun et apprendre par l’expérience. Son objectif s’intitule de la façon suivante : une éducation des enfants qui les accompagne durant leur évolution afin qu’ils deviennent des « adultes responsables et indépendants ».

 

jeux de lettres en bois multicolore

La pédagogie Montessori commence à se diffuser

En 1909, elle commence à former les premiers enseignants afin de les inciter à être davantage dans l’observation que dans le jugement. En effet, elle enseigne peu aux enfants car elle est  davantage centrée sur l’initiation de sa pédagogie aux enseignants. Maria s’exile une première fois en Espagne, invitée par le gouvernement afin d’élaborer des cours de formations à sa pédagogie. Elle profite de cette occasion pour rédiger des livres en espagnol. Sa pédagogie qui commence à se faire connaitre va lui ouvrir les portes pour voyager dans de nombreuses  capitales européennes. Elle y donner des conférences et fait connaitre ses formations.

De 1914 à 1918, elle part aux États-Unis dans le but de créer un collège pour enseignants. De 1921 à 1931, elle participe aux échanges de la ligue internationale pour l’éducation nouvelle où elle présente ses travaux et rencontre les autres grands pédagogues de ce mouvement tels que Adolphe Ferrière, John Dewey et Roger Cousinet.

En 1929 elle fonde l’Association Montessori Internationale (AMI) dont les objectifs sont de promouvoir les principes pédagogiques et les pratiques qu’elle a formulés pour le développement de l’être humain. Elle formera au total entre 4000 et 5000 étudiants.

En 1949, elle est décorée de la Légion d’honneur à la Sorbonne (Paris).

“Bien que la relation entre enfants et maîtresse se situe sur le plan spirituel, la maîtresse peut trouver pour son comportement un bon exemple chez le bon serviteur. Il tient en ordre les affaires de son maître, mais ne lui dit pas quand il doit s’en servir ; il prépare soigneusement ses repas, mais ne lui ordonne pas de manger.”

 

Maria Montessori, L’esprit absorbant, Desclée de Brouwer.

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